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27 octobre 2018

Le monfortois en couleurs… 

Gelée matinale…

 

Ciel bleu de bon matin. La lumière perce à travers les arbres. Au sol, blancheur matinale. Le thermomètre est descendu dans le négatif pour la première fois de l’automne : -1°c. Les feuilles givrées crissent sous les semelles.

 

Sur les hauteurs de Montfort-l’Amaury – point de départ de la balade – le groupe s’habille chaudement. Une longue allée bordée de platanes, de chênes, de frênes ou encore de trembles nous mène jusqu’en lisière. Une allée jalonnée d’oiseaux. Des Rougegorges familiers décelable à leur « tic » aigu. Des dizaines de Pinsons des arbres se nourrissant dans les vieilles parcelles agricoles. Des Alouettes des champs en migration ou posées dans les labours pour prendre du repos et des forces. Des grives qui s’envolent à notre passage – oiseaux en halte pour quelques heures et qui reprendront leur périple vers le sud dès la nuit prochaine pour certains : Grives musiciennes, Grives mauvis, Grives litornes.

 

En sous-bois, une légère brume diffracte les rayons du soleil. A contre-jour, les troncs noirs se découpent dans une aura lumineuse. La renaissance de la nature après une nuit froide. Là encore, les oiseaux se montrent très actifs. Les Sittelles torchepots se poursuivent d’un arbre à l’autre. Le Grimpereau des jardins monte le long d’un tronc. Lorsque le cri sifflé du Grosbec casse-noyaux nous fait lever la tête : un oiseau traverse la parcelle au vol – silhouette rondouillarde, queue courte et une large barre blanche dessinée dans l’aile sont les principaux critères permettant de l’identifier.

 

Les hêtres semblent en feu. Tâches rousses et or dans l’océan encore vert des chênes. Les charmes jaunissent. Les Alisiers torminaux et surtout les Chênes d’Amérique saupoudrent la forêt d’écarlate. La fin d’octobre est une période contrastée : les verts mêlés de jaunes. Les jaunes relevés de roux. Mosaïque multicolore de toute beauté.

 

Notre parcours serpente en forêt à la recherche de quelques-uns des plus beaux arbres du massif de Rambouillet. Certains sont classés. Au niveau local, au niveau départemental. Et même au niveau régional pour certains d’entre eux. Tous ont un nom. Ont été mesuré. Agé, même si cette dernière information est difficile à trouver sur la toile.

 

Le Chêne Salvat, en bordure de chemin, s’impose par sa puissance. Plus de quatre mètres de circonférence. Des branches de diamètre supérieur à celui de la plupart des arbres environnants. Un port majestueux. Un arbre magnifique qui a vraisemblablement vécu le long règne du Roi Soleil.

 

Plus loin, le Chêne de l’Ascension trône au milieu d’une parcelle de Chênes rouges – de jeunes gringalets s’élevant aux côtés du Vénérable. Un tronc colossal. Un houppier extraordinairement touffu de branches devant chacune peser plusieurs tonnes. L’un des plus beaux arbres de la forêt de Rambouillet. Classé sur la liste régionale. Un spectacle duquel il n’est pas aisé de s’arracher. 

 

Mais la balade se poursuit. Dans une lumière douce. Des arrêts improvisés s’organisent lorsque les arbres s’ouvrent sur une trouée de soleil. Là, durant quelques minutes, nous offrons nos corps refroidis aux bienfaits des photons. Notre température remonte alors dans une sensation délicieuse. Au-dessus de nos têtes, les piaillements des Tarins des aulnes, arrivés plus nombreux du nord de l’Europe au cours des deux dernières semaines. L’espèce est commune en hiver. Abonde certaines années. De la même famille que les serins, les linottes et les verdiers, les tarins animent fréquemment les bois gris dénudés de la mauvaise saison. Un beau plumage mêlé de vert, de jaune et de noir. Un babillage foisonnant révélant les bandes occupées à se nourrir dans les aulnes, les bouleaux ou les pins.

 

Au soleil…

 

Mais midi approche. Premier jour à l’heure d’hiver : la matinée a duré une heure de plus. Les estomacs – encore à l’heure d’été – réclament pitance depuis un ou deux kilomètres déjà. Le groupe investit la berge d’un bel étang. Rive nord exposée aux bienfaits du soleil. Le fond de l’air demeure frais, mais la chaleur des rayons mène à l’extase. La pause dure trois bons quarts d’heure. Et si des nuages ne s’étaient pas interposés, nul doute qu’elle se serait prolongée bien davantage.

 

Mais la météo change en ce milieu de journée – conformément aux prévisions. Les nuages s’amoncellent. Le vent du nord forcit. L’été indien a vécu – l’automne arrive à grands pas, novembre dans son sillage. La balade reprend et vers treize heures, un papillon croise notre chemin. Ou nous le sien. Un Vulcain : espèce robuste qui vole souvent dès la fin de février et qu’on rencontre parfois en hiver à l’occasion d’une période douce et ensoleillée.

 

Dans une jeune parcelle couverte d’arbrisseaux et d’un taillis serré, une bande de mésanges – bruyante – attire notre attention. Une vingtaine d’oiseaux. Réunissant plusieurs espèces comme il est fréquent avec les rondes de mésanges observées hors des périodes de nidification. Mésanges bleues, Mésanges charbonnières, Mésange nonnettes, Mésanges à longue queue. Et même des intrus avec quelques Roitelets huppés – l’un des plus petits oiseaux d’Europe.

 

Deux arbres remarquables restent encore à découvrir.

 

D’abord le Hêtre de la mare ronde. Egalement connu sous le nom de Hêtre du CERF – Centre d’Etude de Rambouillet et de sa Forêt, association locale de protection de la nature créée en 1979 : http://www.cerf78.fr/. Un arbre majestueux. Au tronc épais, gris tâché de sombre. Et s’élevant aux côtés de Charmes figurant parmi les plus gros et les plus vieux du massif forestier. Un secteur privilégié pour tous les amateurs de beaux arbres.

 

Et puis le Chêne Baudet. Pour terminer la liste des plus beaux arbres visités. Le Chêne Baudet est le doyen de la forêt de Rambouillet. Estimé à 530 ans. Plus de deux mètres de diamètre. Contemporain dans son enfance de la reine Anne de Bretagne dont les tours se dressent à Montfort à quelques kilomètres de là. Jeune trentenaire alors que Léonard de Vinci achevait son existence au Clos Lucé. Et débutant son deuxième siècle lorsque Henry IV se régalait de sa légendaire poule au pot. L’arbre est en fin de vie. L’écorce de son tronc, très abîmée, ne le protège plus aussi efficacement. Gel et parasites le rongent année après année. Son port reste fier. Son feuillage fourni. L’ancêtre a encore de l’allure !

 

A la sortie de forêt, revenus à la lisière de Montfort, une surprise de taille nous attend. Le froid a apporté avec lui un animal que nous n’attendions pas. Sur l’îlot d’un petit étang, caché dans un buisson, un magnifique ours blanc prend le soleil. Un animal de belle taille. Au pelage de neige comme tous les ours blancs qui se respectent. L’animal nous regarde. L’observation mutuelle se prolonge quelques instant avant que nous rendions l’animal à sa tranquillité.

 

Un moment fort que les photos nous permettront de revivre à loisir !

 

La balade s’achève quelques centaines de mètres plus loin après une belle vue sur Montfort l’Amaury. Douze ou Treize kilomètres parcourus. Un groupe très sympa. De belles photos colorées dans la boite à images. Autant de souvenirs dans la tête. Et une liste d’oiseaux très intéressante.

 

Une réussite.

 

Liste des espèces

Oiseaux

Héron cendré, Buse variable, Pigeon ramier, Tourterelle turque, Chouette hulotte, Pic vert, Pic noir, Pic épeiche, Pic mar, Alouette des champs, Corneille noire, Choucas des tours, Pie bavarde, Geai des chênes, Mésange charbonnière, Mésange bleue, Mésange nonnette, Mésange à longue queue, Sittelle torchepot, Grimpereau des jardins, Troglodyte mignon, Rougegorge familier, Rougequeue noir, Merle noir, Grive litorne, Grive mauvis, Grive musicienne, Grive draine, Roitelet huppé, Pipit farlouse, Étourneau sansonnet, Grosbec casse-noyaux, Chardonneret élégant, Tarin des aulnes, Serin cini, Bouvreuil pivoine, Pinson des arbres

 

Mammifère :

Ours blanc

 

Papillons de jour :

Vulcain

 

Hyménoptères :

Frelon asiatique

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© 2018-2024 - Laurent Chevallier

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