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2 septembre 2018

La rosée matinale reparaît… 

J’ai entendu le mot « fraîcheur »…

 

Dix degrés à peine au thermomètre. Il n’est pas encore 9h00 et le très beau village de Montfort-l’Amaury s’éveille lentement. Vue imprenable sur l’église et, perchées au sommet de leur colline, les deux tours de la deux fois reine Anne de Bretagne.

 

SI l’automne ne débute officiellement que le 23 septembre sur le calendrier, la nature francilienne est déjà entrée dans l’intersaison. Les jours raccourcissent à vue d’œil, les fortes chaleurs s’achèvent, les nuits fraîchissent, les fruits ornent les arbres… et les herbes se parent de rosée matinale. Qui trempent les pieds plus surement qu’une bonne averse.

 

Et les oiseaux reparaissent. Discrets durant tout l’été, ils animent à nouveau la campagne. De nombreux cris nous environnent. De nombreuses boules de plumes volettent d’arbre en arbre. Plongent au cœur d’un buisson touffu. Ou posent en évidence sur une branche nue, une clôture, un muret. La vie reprend après deux mois de torpeur anesthésiante. Des Mésanges bleues et charbonnières dans un verger. Un Accenteur mouchet au pied d’une haie. Un Rougegorge familier sur le faîte d’un toit. Le rire du Pic vert retentit. Le chant du Pigeon colombin ajoute à l’ambiance matinale. Le ciel est bleu. Les rayons du soleil réchauffent rapidement l’atmosphère. La balade commence agréablement.

 

Au bas du chemin, une petite pièce d’eau invisible jusque-là sort de la végétation. De bon matin, si on la chance d’être parmi les premiers visiteurs à s’engager sur ses berges, on peut y surprendre canards ou limicoles posés pour une halte migratoire de quelques heures. C’est le cas des 7 Canards souchets qui décollent rapidement dans un bruissement d’ailes. Ces oiseaux à gros becs tournent à faible altitude en nous observant, jugeant notre degré de dangerosité. Notre calme et surtout l’absence de coup de feu les tranquillisent et bientôt les anatidés posent à nouveau dans une gerbe d’eau.

 

Un Ragondin, placide, raye la surface. L’animal – herbivore – s’approche de la berge pour y déguster quelques plantes triées sur le volet. Le cri aigu du Martin-pêcheur retentit derrière nous. L’oiseau, masqué par la végétation, est passé au vol hors de vue. Les Hirondelles de fenêtre viennent boire. Au vol, elle frôle l’onde et cueillent quelques gouttes en égratignant la surface de leur bec ouvert.

 

Nous poursuivons notre marche au bord de l’eau. Une Ischnure élégante – une très petite libellule – est déjà active, réchauffée par un soleil généreux. Un Azuré commun – un minuscule papillon – est lui aussi sur le pont. Les insectes bénéficieront encore aujourd’hui de conditions météorologiques idéales. Pour notre plus grande joie.

 

La campagne montfortoise…

 

Au-delà du petit plan d’eau, un chemin serpente dans une belle campagne bocagère. Ici des haies ont été conservées. Un magnifique alignement de vieux saules borde encore le ruisseau. Les parcelles cultivées jouxtent les prés pâturés – tantôt par des chevaux, tantôt par des moutons. Un paysage varié, apaisant qu’on peine à croire si proche de l’agglomération parisienne. Nous n’aurions pas besoin d’une inventivité foisonnante pour nous imaginer transportés en Bourgogne ou dans le Limousin.

 

Un Tarier pâtre, perché sur un piquet, toise le pré qu’il domine. A l’affût, il guette son déjeuner qui viendra probablement sous la forme d’un insecte inconscient du danger qui le guette. La Faucon crécerelle – lui aussi préoccupé par son repas – vole sur place d’un battement d’aile rapide. Le petit rapace a probablement repéré la trace d’un rongeur appétissant.

 

Des migrateurs passent sans s’arrêter. Le temps est propice aux déplacements et des oiseaux en profitent pour tailler un bout de route vers le sud. Septembre est en effet un mois d’intenses transits qui voient le départ de nombreuses espèces. Ce matin, ce sont des Pipits des arbres et des Bergeronnettes printanières que nous entendons s’éloigner. Des cris tombent du ciel les uns à la suite des autres et trahissent des oiseaux souvent invisibles, noyés dans l’immensité bleue.Un Pic épeichette – espèce qui voit ses effectifs s’effondrer en Ile-de-France depuis quelques années – arrive au vol et se pose sur une branche d’un saule. De la taille d’un moineau, il est le plus petit membre de la famille. Calotte rouge et plumage noir zébré de blanc, l’oiseau visite l’arbre à la recherche d’insectes xylophages dont il se nourrit.

 

Les oiseaux, en fin de matinée, semblent absorbés par le feuillage. Peu restent actifs. La plupart sont à l’abri dans la végétation. Ne se montrant que furtivement. Ne criant qu’une note ou deux de loin en loin.

 

C’est l’heure où le naturaliste troque sa casquette d’ornithologue pour celle d’entomologiste. Avec l’élévation de la température, des papillons volent plus nombreux. Un Myrtil ici, un Procris là. Un Tircis. Quelques piérides restent non identifiés, faute de les voir posés et d’en détailler les ailes. Gorgés de photons après une exposition au soleil, des Lézards des murailles chassent le long des murs.

 

C’est aussi l’heure pour nous de regagner les véhicules. La matinée, très intéressante, tire à sa fin. Montfort nous a une fois de plus enchantés.

 

Liste des espèces

Oiseaux

Grand Cormoran, Héron cendré, Bernache du Canada, Canard colvert, Canard souchet, Gallinule poule-d'eau, Foulque macroule, Pigeon biset domestique, Pigeon colombin, Pigeon ramier, Tourterelle turque, Martin-pêcheur d'Europe, Pic vert, Pic épeichette, Hirondelle rustique, Hirondelle de fenêtre, Corneille noire, Choucas des tours, Pie bavarde, Mésange charbonnière, Mésange bleue, Sittelle torchepot, Grimpereau des jardins, Troglodyte mignon, Rougegorge familier, Tarier pâtre, Merle noir, Grive musicienne, Fauvette à tête noire, Pouillot véloce, Roitelet huppé, Accenteur mouchet, Pipit des arbres, Bergeronnette grise, Bergeronnette printanière, Étourneau sansonnet, Moineau domestique, Verdier d'Europe, Chardonneret élégant, Linotte mélodieuse, Pinson des arbres, Bruant jaune

 

Mammifères :

Ragondin

 

Papillon de jour :

Azuré commun, Tircis, Procris (Fadet commun), Myrtil, Piéride indéterminée

 

Libellules :

Ischnure élégante

 

Reptiles :

Lézard des murailles

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© 2018-2024 - Laurent Chevallier

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